Chapitre 1 - Volubilis, près de Meknès, Maroc


Musiques sacrées, Volubilis, Maroc juin 2003


 

La scène se trouvait au milieu du forum, tout près de la basilique, je m'installai au niveau des dernières rangées où il restait encore quelques places. La diva était occupée avec l’ingénieur du son à faire les derniers réglages et pendant ce temps, la foule s’installait.

J’étais venu seul et profitai pour l’instant du spectacle architectural, derrière moi, les colonnes du capitole se dressaient comme pour retenir les nuages et les rayons obliques du soleil donnèrent à l'ensemble une atmosphère presque surréaliste.

Au fur et à mesure des minutes qui passèrent, le ciel s’assombrit, Yungchen Lhamo commença à chanter à cappella d’une voix très pure, presque céleste, des chants religieux tout droits venus des montagnes tibétaines.

Des frissons parcoururent l'ensemble de mon épiderme et l'émotion me submergea.

L’interprète ne suivait pas une partition écrite, la tonalité, difficile à définir, était peut-être en Do majeur, le piano arriva puis un duo s’installa entre la voix et le clavier, la voix répétait la même phrase musicale, ostensiblement alors que l'instrument variait sa mélodie.

Originellement, il est fort probable que ces chants, propices à la méditation, avaient été apportés par des nomades forgerons, adeptes du chamanisme.

Le piano monta en tonalité et changea de gamme, la voix reprenant le phrasé du début, invariablement, Yungchen Lhamo chantait peut être une berceuse.

Les premiers éclairs déchirèrent les nuages devenus presque noirs, au loin la foudre s’invitait au concert et les premières gouttent de pluie s’écrasèrent mollement sur nos joues.

On avait l’impression que la cantatrice jouait avec les éléments qui se déchaînaient autour d’elle, les organisateurs s’approchèrent en lui faisant signe de se mettre sous un auvent, elle refusa.

Mon esprit vagabondait entre la pureté de la voix et mes préoccupations, j’avais toujours du mal à m’abandonner complètement, souvent ces moments de plénitudes étaient pour moi d'intenses moments de réflexion.

La pluie s’arrêta brusquement, sans aucune raison apparente.

 

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Commentaires: 4
  • #1

    sextel (mardi, 29 novembre 2016 20:04)

    Spytkowi

  • #2

    Chartier (mercredi, 30 novembre 2016 14:47)

    Pas trouvé de traduction au mot que vous avez utilisé

  • #3

    psychic reading (dimanche, 01 janvier 2017 12:12)

    aurora

  • #4

    pod tym adresem (lundi, 04 septembre 2017 20:17)

    scenopisarz